Back to home
Exode raconte l’histoire d’une sortie de prison mais d’une prison bien différente de celles que nous connaissons. Au fil de ma vie, je me suis rendu compte qu’il existe plusieurs sortes de prisons, et qu’il est mille fois plus facile d’y entrer que d’en sortir.
Pour nous, les Congolais, surtout ceux qui sont nés à l’est du pays, nous sommes venus au monde dans une prison appelée la guerre. Cette prison nous a accompagnés toute notre existence. J’ai des amis qui, dès leur plus jeune âge, ont frôlé la mort à plusieurs reprises. Aujourd’hui encore, ils tremblent devant tout ce qui leur rappelle ces souvenirs : un uniforme militaire, le bruit d’armes dans un film, ou même la vue d’un policier armé. Leur plus grand rêve est de ne plus entendre parler de guerre. Ils rêvent de paix… mais qui leur offrira cette paix ?
Dans un documentaire intitulé Le rafiot de la mort, tourné sur le fleuve Congo, une femme a dit une phrase qui m’a marqué : « Là où la misère te trouve, c’est là que tu trouves ta famille. » Mais encore faut-il avoir un cœur prêt à accueillir cette famille. Car beaucoup de personnes, blessées par la vie, se construisent des murs pour se protéger, afin de ne plus jamais revivre la même douleur. Ces murs les protègent, certes, mais sans qu’ils s’en rendent compte, ils deviennent une prison invisible. Ils n’arrivent plus à faire confiance, plus à aimer, plus à laisser quelqu’un leur faire du bien. Ils sont piégés.
Exode devient alors un appel à faire l’effort, malgré soi, de sortir de cette prison.
Il existe bien d’autres prisons encore : la peur des critiques, des regards, des traditions et des dogmes qu’on accepte juste parce que tout le monde les accepte ; la peur de suivre sa propre voie parce que personne ne l’a jamais empruntée ; la peur de vivre selon sa passion par crainte de finir pauvre.
Exode nous rappelle qu’il faut avoir le courage de franchir ces barrières.
Car à quoi sert la vie si l’on n’ose jamais en profiter ?
Apprenons à savourer la vie sans laisser la peur guider nos choix. Concentrons-nous sur ses merveilles, plutôt que sur nos blessures ou celles qui pourraient venir. Exode, c’est une invitation à avancer vers la liberté intérieure.